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Titulaire en arrêt de travail : qui paie les charges de l’officine ? Ce que couvrent vraiment les frais généraux permanents
Une officine de taille moyenne supporte 20 000 à 30 000 € de charges fixes par mois. Un titulaire arrêté quatre mois continue de les payer, en y ajoutant un remplaçant, alors que la CPAM lui verse la moitié de son revenu pendant moins de trois mois. Sa prévoyance, si elle en a une, maintient ses revenus personnels : elle ne paie ni les préparateurs, ni le loyer, ni le crédit. Pour cela il existe un contrat distinct, mal connu, dont voici le fonctionnement et les limites.

La prévoyance couvre le pharmacien, pas la pharmacie
C’est la confusion la plus fréquente que nous rencontrons chez les titulaires. Un contrat de prévoyance verse des indemnités journalières, une rente d’invalidité, un capital décès : il remplace votre revenu. Il ne connaît pas l’officine. Le jour où vous êtes arrêté, l’entreprise continue d’exister avec ses charges, et personne ne les indemnise.
Le contrat qui les prend en charge s’appelle frais généraux permanents, ou remboursement des frais professionnels selon l’assureur. Il est souscrit par le titulaire pour l’entreprise, il indemnise l’entreprise, et il se déclenche sur le même événement que la prévoyance, votre incapacité temporaire totale de travail, sans se substituer à elle.
Ce qui continue de tomber pendant votre arrêt
La liste des frais couverts par les contrats de nos assureurs partenaires ressemble beaucoup au compte de résultat d’une officine, hors achats de marchandises. Ce sont les frais généraux habituellement supportés par l’entreprise, dans la limite de ce qui est effectivement encouru pendant l’arrêt.
- Les salaires et charges des employés : préparateurs, rayonnistes, apprentis.
- Les cotisations sociales personnelles obligatoires du titulaire.
- Le loyer et les charges des locaux professionnels, l’entretien et les réparations.
- Les dépenses d’eau, de gaz, d’électricité, de chauffage et de téléphone.
- Les primes d’assurance de l’officine.
- Les échéances de crédit et les frais financiers, le coût de location de matériel et de mobilier, crédit-bail compris.
- Les taxes et impôts professionnels.
- Les frais liés au remplacement de l’assuré : la rémunération du pharmacien remplaçant.
Ce que le contrat ne couvre pas : l’achat des médicaments, votre rémunération, et tout ce qui n’est pas une charge permanente. Il ne couvre pas non plus le décès ni l’invalidité, qui relèvent de la prévoyance.
Cas concret : quatre mois d’arrêt, 25 000 € de charges par mois
Titulaire de 47 ans, 90 000 € de BNC, arrêtée 120 jours pour une hernie discale sans hospitalisation. L’officine emploie deux préparateurs, rembourse un emprunt de 6 200 € par mois et supporte 25 000 € de charges fixes mensuelles. Sans contrat, l’officine paie 100 000 € sur la période, plus le remplaçant, pendant que la titulaire touche 123 € par jour de la CPAM du 4e au 90e jour, puis rien.
52 500 €
versés à l’officine par un contrat de frais généraux permanents souscrit au plafond courant de 15 000 € par mois, avec une franchise de 15 jours : 105 jours indemnisés, du 16e au 120e jour.
Le remplaçant est payé, l’emprunt aussi, les préparateurs restent. Le reste, 10 000 € par mois au-delà du plafond, demeure à la charge de l’officine, sauf à souscrire un montant supérieur sur accord de l’assureur, ce que certains contrats acceptent. C’est précisément ce que nous chiffrons avec vous : le montant qui couvre vos charges réelles, pas un plafond de brochure.
Notre simulateur intègre cette brique : indiquez vos charges fixes mensuelles à la première étape et la couverture cible inclut les frais généraux de l’officine, à côté des indemnités journalières et de la rente. Un expert en assurance vous rappelle ensuite sous 24h ouvrées pour chiffrer trois contrats.
Qui paie la cotisation, et comment elle se déduit
Le contrat protège l’entreprise : sa cotisation est en général réglée par l’officine et comptabilisée en charge d’exploitation, comme la multirisque des locaux. Elle ne relève pas du dispositif Madelin, réservé aux cotisations de prévoyance et de santé du travailleur non salarié lui-même, et n’en consomme donc pas le plafond. Le traitement exact dépend de votre forme d’exercice et se valide avec votre expert-comptable.
Questions fréquentes
Ma prévoyance couvre-t-elle les charges de mon officine pendant un arrêt ?
Non. Un contrat de prévoyance maintient vos revenus personnels par des indemnités journalières, une rente ou un capital. Les charges de l’entreprise, salaires, loyer, crédit, remplaçant, relèvent d’un contrat distinct de frais généraux permanents, qui indemnise l’officine et non le pharmacien.
Quel montant de frais généraux permanents puis-je assurer ?
Jusqu’à 15 000 € par mois dans les contrats courants de nos assureurs partenaires, pendant 12, 18 ou 24 mois par sinistre. Des montants supérieurs se souscrivent sur accord de l’assureur. Le bon montant est celui de vos charges fixes réelles, remplaçant compris.
Le salaire du pharmacien remplaçant est-il pris en charge ?
Oui, les frais liés au remplacement de l’assuré figurent dans la liste des frais couverts des contrats que nous distribuons, aux côtés des salaires et charges des employés, du loyer, de l’énergie, des assurances et des échéances de crédit.
Y a-t-il un délai d’attente ?
Sur au moins un contrat partenaire, un délai d’attente de 90 jours s’applique aux arrêts liés à une maladie ; aucun pour un accident. Il faut donc souscrire en bonne santé et non à la première alerte médicale.
La cotisation est-elle déductible ?
Elle est en général réglée par l’officine et comptabilisée en charge d’exploitation ; elle ne relève pas du dispositif Madelin, qui concerne les cotisations de prévoyance et de santé du travailleur non salarié lui-même. Le traitement dépend de votre forme d’exercice et se confirme avec votre expert-comptable.

Nicolas
Expert en assurance chez wecov, marque de LEVERAGE
Nicolas est l’un des trois experts du cabinet. Il suit au quotidien les organismes de services à la personne et les propriétaires bailleurs, de la garantie financière AICI aux loyers impayés : montage du dossier, négociation avec les compagnies, puis suivi jusqu’au sinistre.
Prénom seul, à sa demande. Son nom complet est communiqué à toute autorité qui en fait la demande.
Sources
Références vérifiées le .
- ameli.fr, indemnités journalières du professionnel libéral, montants au 1er janvier 2026 ↗
- CAVP, prestations invalidité-décès 2026 ↗
- BOFiP, BNC, charges sociales personnelles, champ d’application des cotisations déductibles ↗
Comment nous écrivons ces publications : nos sources, notre relecture, et ce que nous nous interdisons d’écrire.
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Prévoyance pharmacien : le régime obligatoire, la couverture cible et le simulateur
Titulaire ou libéral affilié à la CAVP : votre manque à gagner en 30 secondes, puis trois contrats chiffrés avec un expert en assurance sous 24h ouvrées.
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Comment le contrat indemnise : montant, durée, franchise, délai d’attente
Deux points se lisent de près. Le délai d’attente d’abord : un contrat souscrit en octobre ne couvrira pas une hernie discale opérée en novembre, il faut donc souscrire en bonne santé, pas à la première alerte. Le mode d’indemnisation ensuite : « forfaitaire » signifie que le montant souscrit est le montant versé, quand « plafonné aux frais réels » suppose de justifier ligne à ligne. Sur une officine dont les charges sont stables, la différence est faible à l’indemnisation mais grande en délai de paiement.