Silo · RC Pro marchand de biens
Vice caché après revente : qui paie quand l’acquéreur se retourne contre vous ?
Le vendeur professionnel est présumé connaître les vices du bien qu’il revend. La clause d’exonération qui protège un particulier ne joue pas pour vous, et l’acquéreur peut agir des années après l’acte. Ce que la RC Pro couvre réellement, et ce qu’elle ne couvre pas.
La présomption qui change tout pour un vendeur professionnel
Vous avez revendu il y a trois ans. L’acquéreur découvre une infiltration derrière une cloison refaite, appelle un expert, et son avocat vous écrit. Votre premier réflexe est de relire l’acte : la clause d’exonération de garantie des vices cachés y est bien, comme dans tous vos compromis. Elle ne vous servira à rien.
Cette clause protège un vendeur particulier, sauf s’il est prouvé qu’il connaissait le vice. Pour un vendeur professionnel, le raisonnement s’inverse : la jurisprudence le considère comme présumé connaître les vices du bien qu’il commercialise, et cette présomption est irréfragable. Elle ne se combat pas. La clause devient inopérante.
Vous n’avez donc rien eu à dissimuler pour être condamné. Il suffit que le vice soit antérieur à la vente, qu’il ait été caché à l’acquéreur, et qu’il rende le bien impropre à son usage ou en diminue sensiblement la valeur. Trois conditions, et aucune ne porte sur votre bonne foi.
« L’action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l’acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. »
Sur quoi on vous attaque, en pratique
Le vice caché proprement dit arrive en tête : humidité structurelle, charpente, réseau électrique non conforme, découverts après l’emménagement. C’est le cas d’école, et le plus simple à identifier.
Le défaut de conseil est plus vicieux, parce qu’il ne suppose même pas un défaut du bien. Il vise une information que vous déteniez, ou que votre qualité de professionnel vous imposait d’aller chercher, et que l’acquéreur n’a pas eue. Un projet de voirie au PLU, une procédure de copropriété en cours, un sinistre antérieur déclaré. Le bien peut être parfait et la mise en cause tenir quand même.
Reste la malfaçon d’une entreprise que vous avez missionnée. L’acquéreur ne connaît pas votre artisan : c’est vous qu’il attaque, et c’est ensuite à vous d’exercer le recours contre l’entreprise, avec sa décennale si elle en avait une. Beaucoup de dossiers se compliquent exactement là, quand on découvre que l’attestation d’assurance de l’artisan avait expiré entre le devis et le chantier.
Ce que couvre la RC Pro d’un marchand de biens
La Responsabilité Civile Professionnelle a pour objet les conséquences financières des dommages que vous causez à des tiers dans l’exercice de votre activité d’achat-revente, ce qui recouvre aussi bien la faute, l’erreur, l’omission et la négligence que le défaut de conseil, le vice non décelé avant la revente, ou la malfaçon d’une entreprise que vous avez vous-même missionnée et dont l’acquéreur vous tient pour responsable. S’y ajoute, et c’est en pratique aussi déterminant que la garantie elle-même, la prise en charge de votre défense dès qu’une réclamation est formée, qu’elle soit fondée ou non.
| Contrat | Ce qu’il couvre | Ce qu’il ne couvre pas |
|---|---|---|
| RC Pro | Votre responsabilité de professionnel : fautes, erreurs, défaut de conseil, mises en cause après revente | Les dommages subis par le bien lui-même |
| PNO marchand de biens | Le bien que vous détenez : incendie, dégât des eaux, vandalisme, pendant la détention | Votre responsabilité de vendeur après l’acte |
| Dommages-ouvrage et TRC | Les travaux et le chantier, avant et après réception | Le conseil donné à l’acquéreur |
Combien coûte une RC Pro marchand de biens
800 €/an TTC
Prix d’entrée des offres que nous comparons. Le tarif s’ajuste selon l’ancienneté de l’entreprise, le chiffre d’affaires, la franchise et la limite de garantie retenues. Tarif indicatif, sous réserve d’acceptation du dossier.
Peu d’assureurs acceptent les marchands de biens, et ceux qui les acceptent appliquent des critères d’ancienneté, de chiffre d’affaires et de franchise qui leur sont propres, si bien qu’un même dossier soumis à trois compagnies revient avec trois tarifications dont l’écart n’a rien d’anecdotique. C’est la raison pour laquelle un devis unique, quelle qu’en soit la source, ne dit rien du prix de marché de votre risque.
Société récente : peut-on souscrire sans historique ?
Oui. C’est l’un des points forts des assureurs spécialisés : les structures récentes ou sans bilan sont acceptées, l’ancienneté étant intégrée au calcul du tarif plutôt qu’utilisée comme critère d’exclusion. Utile au moment précis où votre banque exige une attestation pour débloquer le financement.
Les réflexes qui limitent votre exposition
- Documenter les travaux : factures, procès-verbaux de réception, assurances décennales des entreprises intervenues. C’est ce qui permet le recours contre l’artisan.
- Conserver les diagnostics et les devis écartés : ils prouvent ce que vous saviez, et ce que vous avez transmis.
- Signaler par écrit ce qui a été constaté : un désordre porté à la connaissance de l’acquéreur n’est plus un vice caché.
- Déclarer la réclamation à l’assureur dès sa réception, avant toute réponse à l’acquéreur ou à son avocat.
Questions fréquentes
La RC Pro est-elle obligatoire pour un marchand de biens ?
Non, aucune loi ne l’impose, contrairement aux agents immobiliers soumis à la loi Hoguet. En pratique, banques et partenaires l’exigent de plus en plus avant de financer une opération, et votre statut de vendeur professionnel vous expose personnellement : c’est l’assurance qui protège votre marge et votre patrimoine.
Combien de temps après la vente puis-je être mis en cause ?
L’acquéreur dispose de deux ans à compter de la découverte du vice, et non de la vente (article 1648 du Code civil). Le seul plafond absolu est le délai butoir de vingt ans à compter de la vente. Une mise en cause plusieurs années après l’acte est donc parfaitement possible : c’est ce qui rend le maintien du contrat utile bien au-delà de la revente du bien, et ce qui explique l’importance de la clause de reprise du passé au moment où l’on change d’assureur.
Ma société vient d’être créée : puis-je souscrire ?
Oui. Les assureurs spécialisés que nous consultons acceptent les structures récentes ou sans historique, l’ancienneté étant intégrée au calcul du tarif.
RC Pro, RC Exploitation : quelle différence ?
La RC Exploitation couvre les dommages causés aux tiers dans la vie courante de l’entreprise, hors prestation elle-même : un visiteur blessé lors d’une visite de chantier, un dommage causé chez un voisin. Elle est proposée en option de la RC Pro pour une protection complète.

Alexandre
Expert en assurance chez wecov, marque de LEVERAGE
Alexandre est l’un des trois experts du cabinet. Il suit au quotidien les dossiers de marchands de biens, de la PNO sur bien vacant à la RC Pro après revente : montage du dossier, négociation avec les compagnies, puis suivi jusqu’au sinistre.
Prénom seul, à sa demande. Son nom complet est communiqué à toute autorité qui en fait la demande.
Sources
Références vérifiées le .
- Article 1648 du Code civil, délai d’action en garantie des vices cachés ↗
- Article 1641 du Code civil, définition du vice caché ↗
Comment nous écrivons ces publications : nos sources, notre relecture, et ce que nous nous interdisons d’écrire.
Page produit
RC Pro marchand de biens : vice caché, défaut de conseil, mise en cause
Vice caché, défaut de conseil, mise en cause après revente : devis comparé sous 24h ouvrées, gratuit et sans engagement.
À lire aussi
- Garantie financière SAPAvance Immédiate suspendue : réagir à un courrier URSSAF sur la garantie AICI6 min
- Multirisque professionnelleMultirisque professionnelle : les 5 clauses qui changent tout au sinistre9 min
- PNO marchand de biensAssurance PNO d’un bien vacant : pourquoi les assureurs refusent, et comment l’assurer quand même6 min
