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Multirisque professionnelle : les 5 clauses qui changent tout au sinistre
Deux contrats au même prix peuvent verser du simple au triple sur le même sinistre. L’écart ne se lit pas sur la plaquette, il se lit dans cinq clauses. Voici comment les repérer avant de signer, et non le jour où vous en avez besoin.
1. Valeur à neuf ou valeur d’usage
Deux mots qui se ressemblent, un écart d’indemnité qui peut atteindre 70 % sur du matériel informatique. En valeur d’usage, l’assureur verse la valeur du bien au jour du sinistre, vétusté déduite : votre parc de postes de cinq ans ne vaut presque plus rien, et c’est pourtant ce qu’il faudra remplacer. En valeur à neuf, il complète pour que vous puissiez racheter l’équivalent neuf.
La valeur à neuf n’est jamais illimitée. Elle s’arrête à un plafond de vétusté, souvent 25 à 30 %, et elle est conditionnée à un remplacement effectif dans un délai fixé au contrat. Au-delà, on retombe sur la valeur d’usage sans que personne vous ait prévenu.
2. La perte d’exploitation, et sa durée d’indemnisation
Après un sinistre majeur, vos charges fixes continuent de courir alors que l’activité est à l’arrêt : loyer, salaires, échéances de crédit. La garantie perte d’exploitation compense votre marge brute pendant 12, 18 ou 24 mois selon la formule. C’est souvent elle qui fait la différence entre une réouverture et une fermeture définitive.
24 mois
Durée maximale d’indemnisation de la marge brute proposée par les offres que nous comparons. Une reconstruction après incendie dépasse fréquemment douze mois : c’est la durée, plus que le plafond, qui doit être calibrée. Conditions indicatives, variables selon les contrats.
Deux points passent souvent inaperçus : la garantie ne se déclenche que si le sinistre est lui-même couvert (une perte d’exploitation consécutive à un événement exclu n’est pas indemnisée), et l’option valeur vénale protège en complément la valeur du fonds de commerce si l’activité ne redémarre pas.
3. La franchise, et surtout sa forme
Celle-là est courte, mais elle se lit mal. Une franchise « 10 % du sinistre, minimum 500 €, maximum 5 000 € » ne se compare pas à une franchise fixe de 800 €. Sur un dégât des eaux à 3 000 €, la première coûte 500 €, la seconde 800. Sur un incendie à 120 000 €, la première plafonne à 5 000 € et la seconde reste à 800. Le devis n’affiche en général que le minimum, qui est précisément la valeur la moins informative des trois.
- Franchise fixe : montant identique quel que soit le sinistre. Lisible, favorable aux gros sinistres.
- Franchise proportionnelle : un pourcentage du dommage, encadré par un plancher et un plafond. Favorable aux petits sinistres, coûteuse au-delà.
- Franchise en jours (perte d’exploitation) : les premiers jours d’arrêt ne sont pas indemnisés. Une franchise de 3 jours sur un commerce vaut cher.
4. La règle proportionnelle de capitaux
C’est la clause la moins connue, et celle qui coûte le plus cher aux entreprises qui ont sous-déclaré leur contenu pour faire baisser la prime. Elle ne se cache pas dans les conditions générales, elle est dans la loi :
« S’il résulte des estimations que la valeur de la chose assurée excède au jour du sinistre la somme garantie, l’assuré est considéré comme restant son propre assureur pour l’excédent, et supporte, en conséquence, une part proportionnelle du dommage, sauf convention contraire. »
L’indemnité est donc réduite dans le rapport entre la valeur déclarée et la valeur réelle, même pour un sinistre partiel, et la bonne foi de l’assuré n’y change rien : la règle s’applique de plein droit.
Le « sauf convention contraire » de l’article est la porte de sortie : certains contrats proposent une clause de renonciation à la règle proportionnelle, parfois sous condition d’un écart limité, souvent moyennant une surprime modeste. Elle vaut la peine d’être demandée au comparatif, elle est rarement proposée spontanément.
Le corollaire vaut pour tout le monde : la valeur du contenu doit être réévaluée quand l’entreprise grossit. Un stock qui double sans avenant transforme un bon contrat en mauvaise surprise, et c’est exactement le moment où l’on n’y pense pas.
5. Les délais et obligations de déclaration
Les délais de déclaration sont courts et distincts selon la nature du sinistre. Le Code des assurances fixe un plancher que le contrat ne peut pas descendre :
« L’assuré est obligé de donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. Ce délai minimal est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol. »
La catastrophe naturelle suit un régime à part : trente jours à compter de la publication de l’arrêté au Journal officiel. Attention si vous travaillez avec une documentation ancienne, ce délai était de dix jours jusqu’au 1er janvier 2023, la loi du 28 décembre 2021 l’a triplé.
Une déclaration tardive ne fait pas perdre la garantie automatiquement : la déchéance n’est opposable que si elle figure au contrat et que l’assureur démontre que le retard lui a causé un préjudice. C’est une protection réelle, encore faut-il la connaître au moment où l’assureur invoque le retard.
- Mesures de prévention imposées : alarme, extincteurs vérifiés, protections de fermeture. Leur non-respect est un motif de réduction fréquent en cas de vol.
- Conservation des preuves : ne pas jeter les biens endommagés avant le passage de l’expert.
- Dépôt de plainte en cas de vol ou de vandalisme, préalable à toute indemnisation.
Questions fréquentes
La multirisque professionnelle est-elle obligatoire ?
Le contrat multirisque lui-même n’est pas imposé par la loi, mais plusieurs de ses briques le sont selon votre situation : la RC professionnelle pour de nombreuses activités réglementées, l’assurance des locaux exigée par votre bail commercial ou votre propriétaire, ou par votre banque en cas de financement.
Locataire de mes locaux, ai-je vraiment besoin d’une multirisque ?
Oui : votre bail vous impose presque toujours d’assurer votre responsabilité locative, et votre contenu, matériel, stocks et aménagements, n’est jamais couvert par l’assurance du propriétaire. La multirisque regroupe les deux, avec vos responsabilités d’exploitation.
Quels montants de garantie peut-on atteindre ?
Selon les offres du marché : contenu (mobilier, matériel, stocks) couvert jusqu’à 1 M€, locaux en valeur de reconstruction à neuf, RC exploitation jusqu’à 3 M€, défense pénale et recours jusqu’à 30 000 € par an. Les plafonds et franchises sont modulables pour ajuster le tarif à votre budget.
Mon activité est-elle éligible ?
Plus de 800 activités sont référencées chez nos partenaires : artisans, commerçants, professions libérales, sociétés civiles ou commerciales, associations. Certaines restent exclues, notamment le BTP, les garages automobiles et l’industrie lourde. Nous vérifions l’éligibilité de la vôtre dès la demande.
J’ai déclaré mon sinistre en retard, ai-je tout perdu ?
Pas nécessairement. La déchéance pour déclaration tardive ne peut vous être opposée que si elle est prévue au contrat et si l’assureur établit que le retard lui a causé un préjudice, par exemple parce qu’il n’a plus pu constater les dommages. C’est à lui d’en apporter la preuve, pas à vous de prouver l’inverse : ne considérez pas un refus fondé sur ce motif comme définitif sans l’avoir fait examiner.

Thomas
Expert en assurance chez wecov, marque de LEVERAGE
Thomas est l’un des trois experts du cabinet. Il suit au quotidien les TPE, les commerçants et les associations, de la multirisque professionnelle aux responsabilités du dirigeant : montage du dossier, négociation avec les compagnies, puis suivi jusqu’au sinistre.
Prénom seul, à sa demande. Son nom complet est communiqué à toute autorité qui en fait la demande.
Sources
Références vérifiées le .
- Article L113-2 du Code des assurances, obligations de l’assuré ↗
- Article L121-5 du Code des assurances, règle proportionnelle de capitaux ↗
- Article L125-2 du Code des assurances, délai de trente jours en catastrophe naturelle ↗
Comment nous écrivons ces publications : nos sources, notre relecture, et ce que nous nous interdisons d’écrire.
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