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Assurance PNO d’un bien vacant : pourquoi les assureurs refusent, et comment l’assurer quand même

Un bien inoccupé ou en travaux est le quotidien d’un marchand de biens, et le cas d’exclusion type des contrats PNO classiques. Ce que dit la loi, ce qu’un contrat dédié couvre réellement, et comment obtenir l’attestation que votre notaire attend, sous 24h ouvrées.

6 min de lecturePublié le AlexandreAlexandre · Expert en assurance chez wecov, marque de LEVERAGE
Immeuble vacant en cours de rénovation, détenu par un marchand de biens

Pourquoi votre assureur habituel refuse un bien vacant

Un logement vide, pour un assureur généraliste, c’est un dossier qui coche trop de cases. La fuite qu’on découvre trois semaines plus tard parce que personne ne passe. Le squat. Le vandalisme. Et le chantier, qui modifie la structure du bien en cours de contrat sans que l’assureur en sache rien.

Les contrats PNO standard sont écrits pour des bailleurs dont le bien est loué en continu. La vacance y est un accident de parcours. Passé 30 à 90 jours d’inoccupation selon les contrats, les garanties principales sont réduites, parfois suspendues. C’est écrit dans les conditions générales. À un endroit que personne ne lit avant d’en avoir besoin.

Sauf que pour un marchand de biens, cette « anomalie » est le mode normal de détention. Entre l’acquisition et la revente, le bien est vacant le temps de purger les conditions suspensives, puis en chantier pendant la rénovation, puis visité mais inoccupé jusqu’à l’acte. Sur une opération de sept mois, il n’aura pas été habité un seul jour.

Ce que la loi impose vraiment au propriétaire non occupant

Beaucoup moins de choses qu’on ne le croit. L’assurance PNO n’est légalement obligatoire que pour les lots détenus en copropriété, au minimum en responsabilité civile, depuis la loi Alur :

« Chaque copropriétaire est tenu de s’assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. »
Article 9-1, loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, créé par la loi Alur du 24 mars 2014

Une maison individuelle achetée pour revente n’est donc soumise à aucune obligation d’assurance. En théorie, vous pouvez la détenir six mois sans rien souscrire.

En pratique, l’obligation légale n’est pas le sujet. Deux acteurs réclament une attestation quel que soit le type de bien : le notaire, qui ne passera pas l’acte sans, et la banque, qui ne débloquera pas les fonds. C’est là que le dossier se bloque, et c’est presque toujours à ce moment-là qu’on nous appelle : trois jours avant la signature, avec un rendez-vous déjà calé.

PNO classique et PNO marchand de biens : le comparatif

Les contrats dédiés à l’achat-revente inversent la logique. La vacance et les travaux n’y sont pas des exclusions : ce sont les cas prévus au contrat.

SituationPNO classique (bailleur)PNO marchand de biens
Bien vacant > 90 joursGaranties réduites ou suspenduesCouvert, cas prévu au contrat
Travaux de rénovationExclusion fréquente au-delà du rafraîchissementCouvert selon nature des travaux déclarés
Durée de détention courteEngagement annuel, résiliation contrainteRésiliation à la revente du bien
Immeuble entier ou mixteRarement acceptéJusqu’à 5 000 m², commerces et bureaux inclus
Comparatif de structure, à titre indicatif. Les garanties exactes varient selon les contrats des assureurs partenaires.

Combien coûte une PNO marchand de biens

320 €/an

Prix d’entrée constaté chez les assureurs spécialisés, prime calculée à la surface du bien. Tarif indicatif, selon les partenaires consultés.

La prime se calcule presque toujours au mètre carré de surface totale, de l’ordre de quelques euros par m² et par an. Le type de bien, sa localisation, l’ampleur des travaux et les garanties retenues font ensuite varier ce socle.

Un ordre de grandeur, pour fixer les idées : sur un appartement de 60 m² en rénovation, détenu sept mois, l’assurance pèse quelques centaines d’euros. À comparer au plafond de dommages au bâti, qui monte jusqu’à 10 M€ sur certains contrats. C’est l’un des rares postes d’une opération où le rapport entre ce qu’on paie et ce qu’on couvre n’a aucune commune mesure.

Les trois facteurs qui font vraiment bouger le tarif

  1. La surface et le type de bien. Un immeuble mixte avec un commerce en pied ne se tarife pas comme un appartement, même à surface égale.
  2. La nature des travaux. Rafraîchissement, rénovation lourde, ou restructuration touchant à la structure : ce sont trois catégories distinctes, et la déclaration exacte conditionne la validité des garanties. Un « on refait juste les peintures » qui devient une ouverture de mur est un sinistre non couvert.
  3. Les garanties optionnelles. RC terrains nus, dépendances, voies d’accès privées. Marginales en prime, décisives sur un immeuble avec cour.

Obtenir l’attestation sous 24h ouvrées : le déroulé

Le passage par un courtier spécialisé change surtout une chose : le dossier est défendu. Un formulaire en ligne refuse un bien atypique sans discussion, parce qu’il n’a pas de case pour lui. Une compagnie à qui l’on explique la nature exacte des travaux et la durée de détention prévue accepte souvent le même dossier.

  1. Décrivez le bien : type, statut (vacant, en travaux), code postal, surface. Deux minutes.
  2. Le marché est consulté le jour même. Les refus sont écartés, les garanties et les prix comparés par écrit.
  3. Devis puis attestation sous 24h ouvrées. Le document part directement chez votre notaire ou votre banque, sans que vous ayez à le faire suivre.

Questions fréquentes

La PNO est-elle obligatoire pour un bien détenu quelques mois ?

L’obligation légale de la loi Alur ne vise que les lots en copropriété, au minimum en responsabilité civile, et sans condition de durée de détention. Une maison individuelle en échappe donc. Mais notaire et banque exigent une attestation quel que soit le bien : en pratique, c’est elle qui conditionne la signature, pas la loi.

Puis-je assurer un bien déjà en travaux ?

Oui, à condition de déclarer la nature des travaux à la souscription. Les contrats spécialisés distinguent rafraîchissement, rénovation lourde et restructuration. C’est la déclaration exacte, pas la déclaration prudente, qui conditionne la validité des garanties au sinistre : sous-déclarer pour obtenir un meilleur tarif revient à payer une assurance qui ne jouera pas.

Que se passe-t-il à la revente du bien ?

La vente permet de résilier le contrat en cours d’année. Avec un contrat adapté à l’achat-revente, la résiliation suit l’acte et vous ne payez pas d’assurance sur un bien déjà cédé. Pensez à la demander : elle n’est pas automatique, l’assureur n’étant pas informé de la vente.

L’assurance couvre-t-elle le squat ou le vandalisme ?

Le vandalisme est couvert par la plupart des contrats spécialisés, sous conditions de fermeture du bien et de visites régulières. L’occupation illicite, elle, relève de garanties optionnelles quand elles existent, et les frais d’expulsion sont rarement pris en charge en totalité. C’est un point à faire préciser par écrit au comparatif, contrat par contrat : nous n’avons pas trouvé deux partenaires qui le traitent exactement de la même façon.

Alexandre

Alexandre

Expert en assurance chez wecov, marque de LEVERAGE

Alexandre est l’un des trois experts du cabinet. Il suit au quotidien les dossiers de marchands de biens, de la PNO sur bien vacant à la RC Pro après revente : montage du dossier, négociation avec les compagnies, puis suivi jusqu’au sinistre.

Prénom seul, à sa demande. Son nom complet est communiqué à toute autorité qui en fait la demande.

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Sources

Références vérifiées le .

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